Célébrant aussi bien le cinéma que le glamour, le Festival de Cannes est l'occasion de marquer les esprits pour bon nombre d'actrices, mannequins et autres célébrités. Reste à savoir si elles y sont parvenues…
Une découpe peplum au niveau des hanches a tendance à dessiner une ligne harmonieuse et élégante ; à l'inverse, un volume concentré sur le haut du corps rigidifie l'allure et déséquilibre la silhouette. Le vert sur tapis rouge est un choix hautement risqué, tant l'association avec le rouge peut rapidement évoquer les décorations de Noël. Mais même en dehors de ce contraste, les nuances de vert émeraude ou de vert très saturé restent difficiles à assumer au printemps ou en été.
Parmi celles qui s'y sont essayées à Cannes, une seule approche semble véritablement fonctionner : traiter le vert dans un registre subtilement glamour et l'associer à des tonalités très claires (vert d'eau et ivoire glacé) qui apportent de la fraîcheur et allègent l'ensemble.
En revanche, un vert criard sur un fourreau gothique ou associé à une cape théâtrale tombe rapidement dans le premier degré ; or, dès qu'un look devient littéral, l'allure disparaît. L'association de longues boucles tombant sur les épaules avec une robe ras du cou et longueur cheville tend ici à compacter la silhouette plutôt qu'à la sublimer. De loin, la robe Prada d'Anaïs Demoustier est magnifique : le jeu entre le tulle et l'organza est d'une grande subtilité, la silhouette est élégante, originale, flatteuse, presque irréprochable. Enfin... jusqu'à ce que le regard remonte vers le corsage.
En cherchant à créer un effet tombant et désinvolte, le bustier finit par gondoler, tandis que les bretelles s'affaissent sans donner l'impression d'avoir été pensées pour tomber ainsi. Un parti pris cesse d'être intéressant lorsqu'il fait davantage penser à une erreur de construction qu'à un choix stylistique… En mariant la douceur du duo jaune pâle/blanc à l'audace de fleurs pensées en 3D, le tout sur une coupe rappelant certains codes de la maison Balenciaga (notamment ce léger bombé dans le dos qui, de manière très couture, décolle le vêtement du corps pour créer une silhouette presque sculpturale), le look de Haruka Ayase se révèle aussi complexe que paradoxalement évident. La styliste de Leïla Bekhti - ou peut-être l'actrice elle-même, qui sait - a choisi de construire presque tout son vestiaire cannois autour de pièces d'archives puisées dans d'anciennes collections. L'intention est belle, évidemment : faire revivre des silhouettes chargées d'histoire plutôt que de céder à l'obsession du neuf.
Mais encore faut-il que le vêtement fonctionne sans explication. Or, si l'on ignore qu'il s'agit d'archives, une grande partie de ses looks paraît surtout datée. Même lorsque les silhouettes se veulent sculpturales ou audacieuses, quelque chose dans les proportions ou le stylisme les rattache davantage au passé qu'au présent (voir ici, ici, ici, ici et là). Un costume blanc ne pardonne rien : sans fluidité ni tombé impeccable, l'allure bascule vite du chic au raté. Ici, un chemisier plus fluide et sensuel aurait été bien plus seyant que cette chemise dont le tissu, trop rigide, casse la nonchalance sophistiquée qu'exige ce type de tenue. Entre discrétion, beauté faussement classique, gestuelle élégante et robe naviguant entre minimalisme, découpes quasi sportswear et voiles diaphanes, tout était réuni pour faire de l'apparition d'Alicia Vikander l'un des plus beaux passages de ce Festival de Cannes (voir ici et là).
On espère que les actrices revisionneront les photos de leur passage cannois et en tireront quelques leçons. Ici, par exemple, il est fascinant de constater à quel point la silhouette peut changer entre une veste fermée portée avec les cheveux lâchés et un blazer ouvert associé à une coiffure dégageant la nuque. Abondance de volants, tissu léger mais cassant - évoquant presque les rideaux bon marché d'un salon de toilettage canin - et volume très Barbara Cartland ne semblent manifestement pas faits pour vivre ensemble (voir ici et là). Ni séparément d'ailleurs… Le gimmick de la fleur centrale peut fonctionner, à condition d'être traité avec subtilité. Ici, le procédé est tellement premier degré qu'il finit par alourdir la silhouette au lieu de la sophistiquer (voir ici et là). Le minimalisme peut vite virer au brouillon s'il n'est pas parfaitement exécuté. Ici, col mou, découpe du buste flottante et emmanchures trop larges évoquent moins un minimalisme sophistiqué qu'une silhouette maladroitement inspirée du travail de Jil Sander (voir ici). Le concept de "décolleté d'aréole mammaire" laisse songeur (voir ici). Déjà responsable de nombreux drames stylistiques, la tendance "lingerie de ville" mariant satin et dentelle a également frappé sur le tapis rouge cannois. Et pas dans sa version la plus subtile : dentelle trop large, coupe littérale, brutal contraste de teintes et effet nuisette non maîtrisé. Là où l'exercice aurait pu jouer la sensualité ou la sophistication fragile, il bascule ainsi dans une lecture premier degré, presque paresseuse, de l'esprit boudoir (voir ici). En voulant faire coller leurs clientes à l'air du temps, certains stylistes ont cru bon de leur proposer des looks à base de bermuda (voir ici, ici, ici et là). Mauvaise idée : ce dernier est l'une des pièces les plus difficiles à rendre désirables. Trop long, trop rigide, trop serré à la taille, taillé dans un tissu davantage "bureau climatisé" que "photocall cannois", il a vite fait d'alourdir la silhouette. Et lorsqu'il s'associe à une veste très épaulée ou à un registre militaire trop littéral, il devient simplement hors sujet. Classique des maisons de couture, la veste de smoking a traversé le festival sans vraiment convaincre, qu'elle soit pensée comme une robe ou portée dans sa version plus traditionnelle. Le mix and match des matières est un art subtil ; le télescopage des styles aussi. Ici, il aurait suffi que le pantalon ne soit pas coupé dans un épais drap de laine, mais dans une simple toile de coton kaki, pour que la magie opère (voir ici). Dommage… Longueur mi-genou et sandales ultra-plates remportent la Palme d'or du tandem le moins flatteur de la saison (voir ici). Il y a des actrices dont on attend particulièrement les apparitions, parce qu'on les apprécie, parce qu'on aime leur dégaine, leur visage, leur voix, leur singularité. Anna Mouglalis en fait partie. Malheureusement, cette saison, la magie a moins opéré que par le passé : entre escarpins trop présents, tailleur austère et robe noire manquant de fraîcheur, l'actrice n'est pas apparue sous son meilleur jour (voir ici, ici et là). Un immense sourire permet parfois d'éclipser l'étrangeté de sa toilette (voir ici).
Il semblerait que la plateforme OnlyFans ait sponsorisé certains passages cannois… (voir ici) À l'instar de la robe réglisse, la robe rouge est un classique du glamour. Un classique que les créateurs réinterprètent saison après saison, avec plus ou moins de bonheur. Car rares sont ceux qui parviennent à trouver le bon dosage entre sensualité, précision, audace et retenue. Ici, une robe perd de sa force à cause d'un décolleté brodé de strass qui semble ne pas faire confiance à la coupe. Là, le gimmick des bretelles glissant sur les épaules prend le pas sur le bien-aller du corsage. Ailleurs, un col roulé vient étouffer l'élan d'un costume rouge censé apporter de l'originalité. Quant à l'option ultra-conceptuelle, elle intrigue davantage qu'elle ne convainc. La robe housse n'a jamais aussi bien porté son nom (voir ici). Manche volante asymétrique, tissu torsadé, cheveux lâchés… trop de flou tue le flou (voir ici). Le blazer long n'est déjà pas réputé pour élancer la silhouette. Mais lorsqu'il est mou et sans tenue, il excelle dans l'art de la tasser (voir ici). Difficile de comprendre cette envie - très présente cette saison - de cacher le cou, alors que ce dernier joue un rôle essentiel dans la verticalité de la silhouette (voir ici, ici et là). Même les étoffes les plus translucides peinent parfois à dérider les coupes trop sages (voir ici). Le smoking noir a beau être un classique des tapis rouges, encore faut-il que la coupe suive. Ici, la carrure trop massive et le pantalon au tombé trop mou alourdissent l'ensemble. Le décolleté et le collier tentent d'apporter de la verticalité, mais ne suffisent pas à électriser la silhouette (voir ici). Il aurait suffi que les chaussettes blanches disparaissent pour que ce look, d'amusant, devienne vraiment intéressant (voir ici). Avec ou sans Matthieu Blazy, la malédiction Chanel a du mal à s'estomper (voir ici, ici et là). Il y a tant d'autres manières de paraître rebelle que de porter du cuir sur un tapis rouge : marcher pieds nus, manger un Snickers XXL, arborer un pin's aux couleurs de ses convictions… Bref, laissons le cuir aux journées d'automne parisiennes. À moins, bien sûr, qu'un créateur parvienne un jour à l'associer à une coupe vraiment convaincante, à le rendre léger plutôt qu'austère, frais plutôt que gothique, subtil plutôt que lourdement connoté (voir ici, ici, ici et là) Peu importe la robe, lorsque celle qui la porte est suffisamment libre pour se laisser emporter par un moment de joie spontanée (voir ici et là). Entre bretelles trop fines par rapport à l'encolure, coupe inexistante et détails audacieux mais mal pensés, la robe noire nous rappelle qu'elle reste un exercice de style bien difficile.
Avec son bustier qui lui écrase la poitrine au point de la faire ressortir en un étrange bourrelet sur le haut, et son dos nu laissant apparaître le début de la raie des fesses, Lena Mahfouf semble vouloir devenir la caricature d'elle-même. Cate Blanchett est sublime en Givenchy, mais la question se pose : la robe est-elle vraiment belle, ou est-ce elle qui la rend belle ? Inspirée d'une nature morte d'Olan Ventura, cette pièce dos-nu est spectaculaire, mais très exigeante. Grandes fleurs, franges longues, noir profond : tout cela fonctionne sur une silhouette longue, très fine. Sur une morphologie plus petite ou avec davantage de poitrine, les fleurs auraient vite pu envahir le buste et l'ensemble paraître plus chargé… (voir ici) Le visage rajeuni d'Eva Longoria parvient presque à détourner l'attention de sa robe, pourtant étincelante (voir ici). La micro-traîne étroite est - et reste - une hérésie stylistique (voir ici). Difficile de ne pas y voir un bout de papier toilette décidé, lui aussi, à connaître son heure de gloire… Charlotte Gainsbourg… On guette toujours ses apparitions avec une forme d'affection. Mais cette saison, quelque chose force le trait : tenues étranges, collants plombants, bottes lourdes, et surtout une démarche presque théâtrale, à la limite de la caricature. La nonchalance devient posture, et tout sonne alors moins juste (voir ici et là). Simon Jacquemus a beau m'agacer, force est de constater que cette robe est assez géniale. La cote d'amour du marron auprès de la fashion sphère a visiblement laissé penser à Coco Rocha qu'une robe chocolat serait un choix judicieux. Mauvais calcul pour celle qui a érigé l'art de la pose en discipline : sur un tapis rouge, cette teinte cacao manque cruellement de fraîcheur (voir ici). Les coussins d'allaitement version SM : une inspiration dont la mode aurait largement pu se passer… (voir ici) Le ton sur ton robe/carnation est rarement une bonne idée… (voir ici) Signé Phoebe Philo, le top coussin-nuage-froufrous-ailes d'Adèle Exarchopoulos donne envie d'inventer un jeu de société improvisé : "Vous avez 10 minutes pour deviner quelles inspirations ont bien pu donner naissance à ce top" (voir ici et là). La salle des fêtes de Cassis recherche activement la personne ayant dérobé les tissus destinés à la décoration du bal du village. Selon nos informations, la police aurait une piste… « Matières Fécales » : tel est le nom de la griffe ayant imaginé la robe rose portée par Demi Moore. Espérons que l'actrice ne comprenne pas le français…
Par Lise Huret, le 25 mai 2026
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Pantalon : 3 tenues de mariage pour femme de 60 ans
Mais pourquoi diable Demi Moore apparait-elle dans autant de tenues différentes ?
Marion Cotillard à jamais bizutée par Chanel.
Charlotte Gainsbourg me crée des angoisses.
On se sent moins seule en constatant que malgré les budgets de pharaons, les meilleurs maquilleurs et les grandes maisons, toutes les actrices ont aussi leurs photos et tenues assassines.
Bonus : sacré collection d'ourlets de robe exécutés sans finesse :o
Je vais peut être me faire des ennemis mais franchement les françaises c'est toujours cata.... On est pourtant un pays important dans l'histoire de la mode. J'espère comme tu dis que certaines vont se rendre compte de leurs erreurs en revoyant les photos et vidéos. Et ça c'est valable aussi pour pas mal de non françaises pour le coup. Je sauve Alicia Vikander et Haruka Ayase c'est tout. Tu ne l'as pas mise ici mais également Miss France Hinaupoko Deveze, malgré la tenue 1er degré princesse, était extrêmement belle et ça la sublimait quand même. La coiffure et le physique y étant pour beaucoup c'est vrai.
Cette édition était bien fade, aussi bien sur le tapis qu'au niveau de la sélection et du palmarès.
J'ai beaucoup aimé la robe a pois Jacquemus de Demi Moore pour le photocall.
Le reste était assez ennuyeux ou raté.
Renate avec son pantalon disco a la cérémonie de clôture, c'était une bonne idée mais le haut était tellement peu seyant!
Et le pire restera toujours Chanel, outre la laideur des tenues, aucune personne n'est mise en valeur par cette maison de couture!
Quant à Léna, je ne comprends pas cette mode depuis un certain temps des robes trop petites au niveau du buste! Outre le fait que ce n'est pas joli du tout, ça a l'air très inconfortable
Dommage avec la même robe a sa taille, ça aurait été une réussite pour une fois
Marion Cotillard à jamais bizutée par Chanel.
Charlotte Gainsbourg me crée des angoisses.
On se sent moins seule en constatant que malgré les budgets de pharaons, les meilleurs maquilleurs et les grandes maisons, toutes les actrices ont aussi leurs photos et tenues assassines.
Bonus : sacré collection d'ourlets de robe exécutés sans finesse :o